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Jean-Noël Guérini en (pas) drôle de visiteur du soir

    L’étrange apparition de Jean-Noël Guérini, à minuit passé, dans l’émission de Christophe Dechavanne, sur TMC, interroge. Qu’est-ce qui a bien pu le décider à sortir du siège du Conseil général des Bouches-du-Rhône où il vit reclus depuis plusieurs semaines, s’accrochant à un pouvoir que ses amis politiques sont de plus en plus nombreux à lui contester ? L’envie de donner la réplique à Renaud Muselier, passé par là trois semaines auparavant ? Le besoin de se justifier, de clamer son innocence, de défendre son honneur ? Mais alors pourquoi n’a-t-il pas répondu à l’invitation des 20 h ? Sans doute parce qu’on lui aurait alors posé des questions que les animateurs de Chac ne risquaient pas d’aborder puisqu’ils ne connaissent pas le dossier…

     

    Jean-Noël Guérini (pas) drôle de visiteur du soir

    Jean-Noël Guérini lors de sa mise en examen, au palais de justice de Marseille, le 8 septembre 2011

    La nouvelle émission de Christophe Dechavanne ressemble à Ciel, mon mardi. Tout aussi foutraque, l’inspiration en moins, le bafouillage en plus.

     

    Avant d’accueillir Jean-Noël Guérini, mercredi soir, l’animateur et son compère, Patrice Carmouze, avaient introduit sur le plateau de Chac, c’est le nom de ce nouveau rendez-vous, la princesse Stéphanie de Monaco, le fantaisiste Eric sans Ramzy, le porte-parole de François Bayrou, Yann Waerling et Baptiste l’ex-mannequin (marseillais) reconverti dans la variété. La cour des miracles en somme, comme aime à en constituer Christophe Dechavanne, qui cherche souvent son bonheur dans l’exposition du malheur des autres. Une princesse trompée, un fantaisiste délaissé par son compère sur le chemin, lui, du succès, un politicien sans troupes, un bellâtre désœuvré et une figure de la politique dont le nom a fait l’objet cette année de quelque 1 000 articles dans la rubrique faits divers des journaux, ça doit faire du buzz ça coco.

     

    Il n’est pas sûr du tout que l’objectif ait été atteint tant l’émission était confuse et superficielle. Et ce n’est pas Jean-Noël Guérini, qui n’a comparu qu’en deuxième partie, après la princesse, l’ex-mannequin, le porte-parole et le fantaisiste, qui lui aura donné du corps.

     

    Nerveux, bouffi et sans humour

     

    Le patron du ConseiI général des Bouches-du-Rhône est apparu nerveux, bouffi et surtout sans humour sur un plateau où la déconne tient lieu de ligne éditoriale. Surtout, il n’était porteur d’aucun message autre que celui qu’il a tenu dans diverses interviewes à la presse écrite après sa mise en examen : « Je suis innocent des chefs d’inculpation infâmant et injurieux qui ne reposent sur rien. On veut m’abattre parce que je gêne. »

     

    Plaidoyer pathétique mais sans début de commencement d’un élément de preuve. Jean-Noël Guérini jure croix de bois, croix de fer qu’il n’a jamais fait de blanchiment d’argent et ne s’est pas enrichi personnellement aux dépens des finances publiques qu’il a en gestion. Point barre.

     

    «Il est possible que mon frère ait abusé de ma confiance »

     

    Les observateurs connaisseurs du dossier auront cependant observé une inflexion du propos vers la mise en cause appuyée du frère, Alexandre. Au « lui, c’est lui, moi, c’est moi », cent fois répété, Jean-Noël Guérini ajoute désormais : « Il est possible que mon frère ait abusé de ma confiance. Mais quoi qu’il ait fait, ce sera toujours mon frère.  » Et s’il a prévenu celui-ci des ennuis judiciaires qui le menaçaient, prouvé par des écoutes, il a agi « comme tout le monde l’aurait fait pour son frère ».Bref, il est tellement innocent que, dans quelques mois ça ne sera plus l’affaire Guérini. »

    Ce sera l’affaire de qui ? L’émission touchait à sa fin. Le temps de parole imparti était dépassé; on n’en saura pas plus.