Les fontaines de Marseille ou les chemins de l’eau (*) est un beau livre ruisselant de fraîcheur que publient Jean-Marie Huron, photographe, et Olivier Emran écrivain, deux auteurs amoureux de leur ville. L’histoire en est ici racontée à travers ce qui a longtemps été son cauchemar et qui, depuis le milieu du 19e siècle est sa fierté, ses points d’eau.
L’ancien professeur d’histoire qu’est le Sénateur Maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, présent au lancement de l’ouvrage, a tourné avec émotion les pages de cette époque où « les citadins en étaient réduits à implorer Dieu et à organiser des processions en temps de sécheresse. Car des siècles durant les Marseillais ont eu à résoudre un problème qui se pose à tous les Méditerranéens: celui de l’eau. »
Puis est venu ce maire visionnaire que fut Maximin Consolat, qui décida, en 1834, « quoiqu’il advienne et quoiqu’il en coûte », de faire venir l’eau de la rivière la plus proche, la Durance, pourtant séparée de Marseille par plusieurs chaînons montagneux. Et le 19 novembre 1849 l’eau débouchait, claire et généreuse au plateau Longchamp. « La réalisation de l’impossible » fut l’œuvre de l’ingénieur en chef des Ponts et chaussées Franz Mayor de Montricher, auquel les Marseillais dresseront à juste raison une statue.
Jean-Marie Huron et Olivier Emran nous rappellent ainsi que les fontaines marseillaises, de la plus discrète, à la Treille, au magnificent Palais Longchamp, surgissent dans le paysage marseillais au 19e siècle. Elles sont l’œuvre de « dompteurs de pierre brute », selon l’expression de Jean-Claude Gaudin, qui rend hommage à ces hommes et à ces femmes, telle Berthe Girardet, qui ont su embellir la ville.
Commanditaire du projet de ce livre, Loïc Fauchon, le président de la Société des eaux de Marseille et président du Conseil mondial de l’eau, tout juste rentré du sommet international de Rio où il était le seul représentant français et où il a une nouvelle fois plaidé la cause du droit à une eau de qualité pour tous, a révélé que la moitié des recettes du livre iraient à une œuvre humanitaire dédiée à l’accès à l’eau. Ce pourrait être à Tombouctou où des islamistes détruisent en ce moment une série de mausolées. Retourner dans cette ville mythique, y bâtir une fontaine pour affirmer le pouvoir de la vie sur les forces de destruction, devient une urgence.
(*) Label livre éditions, 22 €, en vente dans les librairies indépendantes, centres commerciaux et sur fnac.com.



