
Le nouveau Mufti des Marseillais d'origine comorienne, Ali Mohamed Kassim, le Sénateur Maire, Jean-Claude Gaudin, et l'archevêque Georges Pontier
La communauté des Marseillais d’origine comorienne installait, vendredi après-midi, son nouveau Mufti, Ali Mohamed Kassim, en présence d’au moins huit cents de ses membres et de nombreuses personnalités dont l’ancien Président des Comores, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Cette cérémonie a donné l’occasion au Sénateur Maire de Marseille de transmettre les excuses du ministre de l’Intérieur. « J’ai dit une bêtise, je m’excuse, dis-leur bien que je m’excuse », a déclaré Claude Guéant à Jean-Claude Gaudin. Il est donc allé plus loin que les simples « regret »s exprimés, mardi, au sortir de l’Assemblée nationale.
Le Mufti est plus qu’un chef religieux chargé d’expliciter la loi coranique. C’est un guide moral pour toute une communauté, hommes, femmes et jeunes. A Marseille, le Mufti a longtemps été un homme très respecté, Saïd Mohamed Cheikh Dahnoune qui officiait à la mosquée de la rue Gaillard. Mais Cheikh Dahnoune s’est éteint le 15 septembre de l’année dernière, vaincu par une longue maladie. Et il aura fallu une grande année pour lui désigner un successeur.
Ali Mohamed Kassim, 62 ans, qui fut durant plusieurs années l’adjoint de Cheikh Dahnoune a donc été choisi. Et il a pris officiellement ses fonctions vendredi. Le deuxième Président de l’Union des Comores, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, avait fait le déplacement ainsi que de nombreuses personnalités comoriennes, en provenance des Comores mais également de Lyon et Paris.
« Dis-leur que je m’excuse »
Le Sénateur Maire de Marseille était à la tête d’une forte délégation de sa majorité municipale. Le Préfet de police, M. Alain Gardère, le Président de la communauté urbaine Marseille Provence métropole, Eugène Caselli, les députés Valérie Boyer, Henri Gibrayel, le maire de secteur Patrick Menucci ont également pris part à ce moment de fête de la communauté comorienne qui a accueilli une forte délégation de Marseille Espérance, l’association qui regroupe autour du Maire tous les chefs religieux exerçant dans la cité phocéenne. Au côté de Mgr Georges Pontier, archevêque, on notait ainsi la présence du Pasteur Keller, du Rabin Benzaquen de Saint-Marguerite, de Mlle Marie Bouzounie, représentant la tradition bouddhiste Kadampa. M. Bedra, imam à la Grande Mosquée de Paris, avait également fait le déplacement à la demande du Recteur Dalil Boubakeur.
Répondant au discours de bienvenue du Président Sambi puis du Mufti Kassim, le Sénateur Maire de Marseille a pris la parole en fin d’après-midi pour dire son attachement à la communauté comorienne et évoquer les événements de la semaine qui ont vu une poussée de fièvre à la suite de propos tenus par le ministre de l’Intérieur sur l’antenne d’une radio nationale.
« A Marseille, on ne répond pas à la violence par la violence », a d’abord prévenu Jean-Claude Gaudin à l’intention de la jeune génération, avant de transmettre un message de Claude Guéant. Selon le Sénateur Maire de Marseille, le ministre de l’Intérieur lui a dit ceci : « J’ai dit une bêtise, je m’excuse. Dis-leur que je m’excuse. » Et Jean-Claude Gaudin d’ajouter sous un tonnerre d’applaudissements : « En tout cas, le maire, lui, il n’a jamais dit ça. (NDLR : que les jeunes Comoriens de Marseille sont responsables de la hausse de la délinquance) »
Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, avait déclaré mercredi, au sortir d’une audition à l’Assemblée nationale, que « si les propos tenus dimanche sur les Comoriens à Marseille avaient pu blesser, il le regrettait ». Ces simples regrets avaient été jugés insuffisants par les associations et partis lors d’une manifestation tenue jeudi, devant la préfecture de Marseille. Le ministre de l’Intérieur a donc donné un nouveau coup de rein dans le rétropédalage, vendredi, et, cette fois, on peut penser que la fièvre va retomber. D’autant que le nouveau Mufti va maintenant s’employer à renouer les fils d’un « dialogue constructif » entre la communauté marseillaise et les pouvoirs publics.

L'ancien Président de l'Union des Comores, M. Sambi, salue la communauté à son arrivée à La Valentine



