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Quand juifs et musulmans marseillais regardent dans la même direction

Lundi soir, au César. De gauche à droite: Nordine Hagoug, Xavier Nataf et Hagay Sobol.

Tandis qu’au sommet les dirigeants se déchirent, à la base des groupes font le choix de la paix.
Comme à Marseille où, lundi soir 26 septembre, des juifs et des musulmans ont regardé ensemble, en avant-première, Les hommes libres.

Le film raconte comment, à la Grande mosquée de Paris, pendant la Seconde Guerre mondiale, des Justes se levèrent pour sauver des juifs des mains des collabos et des nazis. Une page de l’Histoire méconnue.

L’initiative revient au centre Fleg, association culturelle juive, et à l’Union des familles musulmanes. Chaque année, les deux sont convenus de mener des actions en commun. Lundi soir, avec le concours de Xavier Nataf, l’animateur de Judaïciné et organisateur du Festival du cinéma israélien, on a regardé dans la même direction le temps d’un (beau) film.

 

Les hommes libres en avant-première

Les hommes libres, d’Ismael Ferroukhi, avec Tahar Rahim, Mahmoud Shalaby et un surprenant Michael Lonsdale, aussi à l’aise dans la djellaba que sous la bure du moine, s’est taillé un joli succès au Festival de Cannes, hors compétition. Il sort mercredi 28 septembre dans toute la France. En avant-première, des Marseillais ont pu voir cette histoire joliment mise en scène d’un ouvrier immigré algérien sans culture politique, qui se métamorphose d’indic’ à la solde de la police française en militant de la liberté. La fréquentation du Recteur de la Grande mosquée de Paris et d’un chanteur juif l’aura transformé.

 

Hommage aux Justes musulmans

Le scénario se fonde sur des faits réels. Au-delà de ce beau film, le président du Centre Fleg, le professeur Hagay Sobol, retient surtout la symbolique. « Dans cette réalité complexe, grave et difficile, des gens que tout sépare vont se rassembler. Ce qui compte, c’est le choix qui est fait à un moment. » Hagay Sobol parle du film mais pense très fort à la situation israélo-palestienne encore en pleine actualité. « Viendra le moment où il faudra faire le choix de la paix ». Nordine Hagoug, administrateur de l’Union des familles musulmanes, opine du chef et précise : « J’espère que la diaspora juive tendra la main à ceux qui en ont besoin. »

 

Fin des discours. Tout le monde s’installe dans les fauteuils profonds du César. La salle est pleine et mixte, les deux associations organisatrices s’étant réparties les places par moitié. 1 h 50 plus tard elle applaudira généreusement cette fiction nourrie de parcours réels, qui révèle des Justes musulmans et leur rend hommage.