Finalement, la rénovation de la Fédération des Bouches-du-Rhône du Parti socialiste clamée haut et fort à l’automne attendra. La très délicate restructuration des sections est renvoyée au second semestre (*). Jean-David Ciot, le secrétaire fédéral et l’équipe dirigeante veulent se concentrer sur la campagne de François Hollande. Et surtout sur la préparation des législatives qui leur donne pas mal de soucis.
Si la campagne du candidat du parti à la présidentielle se passe dans une sérénité apparente, celle qu’affichaient en tout cas, jeudi midi, Jean-David Ciot, le secrétaire fédéral, et Joël Canicave, le délégué à l’organisation des primaires désormais mandataire de François Hollande dans le département, malgré les couacs de communication, il n’en va pas de même pour les législatives. Depuis que le siège parisien a investi les candidats, en décembre, les bureaux de la rue Montgrand sont en effervescence.
La menace de candidatures dissidentes
Il y a d’abord les parachutages de Jean-Pierre Mignard, à Marseille, et d’Olivier Ferrand, à Salon, qui ne passent pas. Ils sont ensuite sous la menace d’une candidature dissidente dans le centre-ville marseillais où le choix parisien de Patrick Mennucci, maire des 1er et 7 arrondissements, est contesté par la très guériniste Lisette Narducci, maire des 2e et 3e arrondissements, qui « se sent légitime ». Et d’une deuxième dans les quartiers nord, où le conseiller général, guériniste lui aussi, Rebia Benarioua a annoncé (sur son blog) sa candidature dans la circonscription où Solférino a investi le député sortant, Henri Jibrayel.
Accord avec les Verts la semaine prochaine ?
Il y a ensuite la polémique avec les Verts. L’accord national leur réserve trois circonscriptions dans le département mais les deux partis n’arrivent pas à se mettre d’accord sur le choix des dites circonscriptions. Alors Christophe Borgel, le secrétaire national chargé de la vie des fédérations et des élections descendra à Marseille la semaine prochaine pour tenter une médiation avec Jean-Vincent Placé d’EELV. Pour sa part, Jean-David Ciot annonce qu’il ne cèdera rien, que les Verts devront se satisfaire de ce qui leur est proposé, à savoir la 6e (Mazargues), la 8e (Salon) et la 10e (Gardanne).C’est de bonne politique, on ne commence pas une négociation en rendant les armes.
On se bouscule à gauche dans les quartiers nord
Mais qu’il y ait ou pas accord sur ces trois circonscriptions-là, les Verts semblent bien décidés à envoyer des candidats dans les autres circonscriptions des Bouches-du-Rhône. Ainsi, Karim Zéribi, président de la RTM et proche, tiens encore un, décidément, de Jean-Noël Guérini, est-il à l’échauffement dans les quartiers nord pour se présenter soit chez Henri Jibrayel, ce qui porterait le nombre des candidats de gauche à au moins quatre, soit chez Sylvie Andrieux si celle-ci ne sollicitait pas son renouvellement. Seul le risque du FN freine leurs ardeurs. Le PS a obtenu un « accord technique » : là où une triangulaire permettrait au FN de se qualifier pour le second tour les Verts ne présenteront pas de candidat.
Le flou autour de l’alliance avec le MoDem
Avec le MoDem, allié local aussi bien au conseil général qu’à la ville de Marseille et à la Communauté urbaine, les relations sont encore plus floues. « Tant que Bayrou se verra comme une alternative à la droite nous ne pourrons pas envisager d’accord », assure Jean-David Ciot. Pas même quelques petites alliances locales ? Voire … Quant aux discussions avec le Rassemblement de Jean-Pierre Chevènement, elles n’ont pas encore commencé. Avec le Front de gauche, tout baigne.
« Nous nous attendons à des convocations judiciaires »
Malgré tous ces écueils, après la victoire de François Hollande à la présidentielle, qu’il pronostique mollement sans afficher une belle tête de vainqueur, Jean-David Ciot estime que la plupart des circonscriptions sont gagnables par la gauche. Les affaires Guérini ne détourneront-elles pas des électeurs ? « Nous nous attendons à ce que des convocations judiciaires tombent pendant les élections mais c’est l’écume des jours et ceci ne peut que discréditer l’ensemble de la classe politique. » Au bas mot, le secrétaire fédéral du PS espère, à Marseille, une victoire dans la circonscription qu’abandonne Roland Blum et que reprend Valérie Boyer et une autre dans la circonscription de Renaud Muselier … « si la gauche est un peu solidaire ». Ce qui n’est pas gagné tant l’empire de la gauche marseillaise paraît aujourd’hui éclaté.
(*) De source officieuse, Marseille ne compterait pas plus de 1 000 vrais militants PS après nettoyage des listes.



