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Renaud Muselier repart à l’offensive

Son silence était trompeur : Renaud Muselier est plus mordant que jamais. Il a fait un retour tonitruant, jeudi, devant les media, à l’occasion de la présentation de ses vœux. Fier des bilans de Nicolas Sarkozy et du sien, il a sorti l’artillerie lourde pour attaquer « les monstres de l’immobilisme, du fatalisme et des turpitudes » qu’il voit en ses adversaires socialistes, de François Hollande à Jean-Noël Guérini, en passant par Patrick Mennucci et Eugène Caselli. Et il pilonne. Façon Rambo. Les monstres, ça se terrasse sinon t’es mort.

 

Renaud Muselier repart à l'offensive

Renaud Muselier, député, vice-président de Marseille Provence métropole, conseiller municipal de Marseille délégué spécial à 2013.

Le monde de Renaud Muselier est de plus en plus binaire. D’un côté les bons, qui triment, adaptent, construisent. Les hommes d’action que sont Nicolas Sarkozy et lui-même. Le Président a réalisé un nombre de réformes « nécessaires » impressionnant, et s’il n’a pas les résultats attendus dans les domaines de l’emploi et du pouvoir d’achat, c’est seulement à cause de la crise. Pour sa part, de la couverture du Stade Vélodrome aux vélos en libre-service en passant par le MuCEM, la réforme portuaire, 2013 et le club croisières, ses idées « ont fini par s’imposer ». Il manque encore des trophées au tableau, comme le parking Longchamp ou la requalification du Jarret, mais c’est la faute à l’immobilisme de la communauté urbaine.

 

Immobilisme, clientélisme, turpitudes

 

Le bilan de celle-ci vu par Renaud Muselier est catastrophique : « Absence de vision d’avenir du territoire, dérive inquiétante des grandes masses financières, les seules réalisations depuis 2008 ont été initiées sous l’ancienne mandature, le prolongement du métro jusqu’à la Fourragère et du tramway à Gantès. » La gestion d’Eugène Caselli, qui lui a ravi la présidence que la majorité marseillaise lui avait promise, mérite un zéro pointé. « Marseille est parmi les villes les plus embouteillées, le problème des déchets  n’est toujours pas réglé malgré 211 millions € de dépenses en 2011, la gabegie règne à tous les étages avec l’embauche de 150 fonctionnaires supplémentaires, le chèque à la RTM est passé de 134 à 189 millions€, l’indécision concernant l’incinérateur a coûté près de 100 millions. »

 

« Manque criant de volonté politique », dénonce Renaud Muselier en ciblant ce président de MPM qui laisse maintenant répéter qu’il pourrait avoir des ambitions pour la mairie de Marseille. Son vice-président lui prédirait plutôt un avenir judiciaire car il appartient à un camp miné par « les affaires ». « En ce mois de janvier 2012, le PS des Bouches-du-Rhône, à travers les élus et hauts fonctionnaires des collectivités qu’il dirige est touché par cinq procédures : complicité de détournement de fonds publics et de tentative d’escroquerie au conseil régional, association de malfaiteurs, blanchiment, destruction de preuves au conseil général, trafic  d’influence et corruption passive à MPM, détournements et complicité de détournement de fonds publics à la communauté d’Aubagne, favoritisme et corruption au Syndicat  d’agglomération Ouest-Provence, favoritisme, corruption passive, blanchiment d’argent en bande organisée à Berre l’Etang. »

 

« Il est à la fois remarquable et honteux qu’un tel système ait pu se développer », dit Renaud Muselier, accusant François Hollande de l’avoir couvert.

Ces affaires, toutes voilées pour l’instant par le principe de la présomption d’innocence, sauf celle du SAN Ouest-Provence déjà jugée deux fois, le député UMP les a dénoncées dans un livre sur « Le système Guérini ». Il prépare le tome 2 bien décidé à ne plus le laisser prospérer.

 

De l’audace, encore de l’audace

 

Comme remède aux maux de l’immobilisme, du clientélisme, des grandes et des petites turpitudes, Renaud Muselier prescrit « la volonté politique ». Sous la férule de Jean-Claude Gaudin, avec qui il fait route commune cahin-caha depuis 17 ans, il a transformé la ville de Marseille par l’investissement culturel. Et même si tous les chantiers ne sont pas terminés, il faut penser à l’avenir au-delà de 2013. « Celui-ci ne se dessinera pas dans les frontières de la commune. Les projets structurants qui façonneront notre développement sont tous métropolitains. »

 

Renaud Muselier milite pour un « Grand Marseille » qui s’attaquerait à « de grands projets en additionnant les forces et non en les atomisant ». Mais celui-ci se heurte « à un conservatisme absolu d’élus qui veulent à tout prix conserver leur petit pouvoir. Le préfet a pu constater que la seule chose qui les rassemble c’est la devise « Tous unis pour ne rien faire ». »

 

Conclusion provisoire : « Les combats futurs pour l’avenir de Marseille ne se joueront pas entre la droite et la gauche mais entre conservateurs et réformistes, entre l’audace et le déclin, entre l’éthique et l’amorale », affirme Renaud Muselier, clamant haut et fort qu’il « ne sera le prisonnier d’aucun système, d’aucun lobby, d’aucune alliance contre-nature. Je veux servir mon pays, ma ville, être au service d’une ambition, au sein d’une équipe, et mettre fin aux collabos de tous bords, stopper cette lâcheté rampante et cette hypocrisie permissive qui ronge notre ville. »

 

Les mots sont durs, chargés de sous-entendus. Mais il n’en dira pas plus pour l’instant. Il faut d’abord gagner la présidentielle puis les législatives pour dire comment s’écrira la suite. Et pour l’heure, à contre-courant des sondages et des études d’image toutes négatives, Renaud Muselier y croit.