« Ambiance pourrie » à la Fédération du Parti socialiste, nous disait-on l’autre soir en marge du passage éclair de François Rebsamen. La démonstration en a été faite, vendredi matin, à Félix-Pyat, où l’équipe de campagne de Patrick Mennucci, candidat PS aux législatives dans la 4e circonscription, qui tractait dans la cité, a été prise à partie par un groupe cagoulé aux cris de « Ici, c’est à Guérini, ici c’est à Guérini ». Plusieurs personnes ont été blessées, cinq plaintes ont été déposées. Jean-Noël Guérini dément toute implication. Son frère, Alexandre, ne dit mot.
Il est aux alentours de 11 h, vendredi, quand la quinzaine de militants qui accompagnent Patrick Mennucci à la rencontre des habitants et des commerçants de la cité Félix-Pyat, dans le 3e arrondissement, voit une vingtaine d’hommes cagoulés fondre sur eux. On les attendait. Les visites de quartier sont annoncées. C’est un véritable guet-apens. Des projectiles volent puis ce sont les coups.
Nassurdine Haidari, adjoint aux sports à la mairie de secteur des 1er et 7earrondissements, employé à MPM, ancien imam des Comoriens, est particulièrement ciblé. « C’est lui », disent les agresseurs en se ruant sur lui. Nassurdine était venu dans la cité pour les primaires socialistes. Il avait parlé et convaincu. « On veut me faire taire», estime-t-il depuis son lit de douleur. Couvert d’ecchymoses, blessé aux genoux, il a 8 jours d’arrêt de travail.
Les agresseurs ont agi en criant « Ici, c’est à Guérini, ici c’est à Guérini ». Cela n’a guère surpris l’équipe de Patrick Mennucci, qui a été investi par le Parti socialiste contre l’avis de Jean-Noël Guérini et de son amie, maire de secteur, Lisette Narducci. Celle-ci entretient d’ailleurs toujours l’hypothèse d’une candidature dissidente. L’ambiance entre socialistes est donc délétère dans ce secteur.
Pour Nassurdine Haidari, qui connait bien le quartier à forte population d’origine comorienne, il ne fait pas de doute que les agresseurs sont des petits caïds qui ont agi sur ordre. De qui ? Officiellement, Patrick Mennucci s’en remet à l’enquête de police. Cinq plaintes ont été déposées. Mais toujours de son lit, Nassurdine assure : « La politique et les dealers entretiennent ici de sales relations. Je suis triste et en colère car les personnes qui nous ont attaqués sont manipulées. C’est une zone parmi les plus gangrénées par les trafics. Ils ont plus que d’autres besoin de démocratie. Nous reviendrons, nous ne nous laisserons pas intimider par quelques voyous et ceux qui sont derrière. »
Jean-Noël Guérini condamne
Jean-Noël Guérini dément toute responsabilité dans ce raid. Sur son blog, peu avant 18 h, il a publié ceci: « Je condamne avec la plus extrême fermeté ces agissements inqualifiables. Quiconque dans une démocratie a le droit de faire campagne où il l’entend. Jamais, en aucune manière, je n’accepterai que la violence puisse supplanter l’indispensable débat démocratique.»
Son frère, Alexandre, que Renaud Muselier accuse dans son livre d’avoir pratiqué ce genre d’intimidation, ne s’est pas exprimé publiquement.
Vauzelle: « Que toute la lumière soit faite »
« La violence est inacceptable en tout lieu et en toutes circonstances et ne peut encore aucun cas être un mode d’expression politique. Je souhaite que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cette agression et que leurs auteurs soient condamnés », a fait savoir le président du conseil régional, Michel Vauzelle, dont Patrick Mennucci est l’un des vice-présidents (à la culture).
Canicave : « Nous travaillons dans l’unité »
Au désordre ambiant dont cette agression est la manifestation, le coordinateur de la campagne de François Hollande dans les Bouches-du-Rhône, Joël Canicave, oppose l’unité du groupe qu’il préside : « Ces événements ont été, à juste titre, vigoureusement condamnés et ne doivent en aucun cas se reproduire. L’essentiel, pour tous ceux qui souhaitent la victoire de François HOLLANDE, est de consacrer toutes les énergies vers cet objectif. L’équipe de campagne départementale travaille dans un climat d’unité, de rigueur et d’enthousiasme et rien ne saurait le faire dévier de son unique objectif, la victoire le 6 mai 2012. Au sein de cette équipe, les candidat(e)s aux élections législatives désigné(e)s par le Parti socialiste, ont reçu mandat de représenter la campagne de François HOLLANDE sur le territoire de leur circonscription et agissent donc comme tels pendant cette campagne électorale. Aucune manipulation, d’où qu’elle vienne, ne pourra remettre en cause cette volonté inébranlable. »




