« Le groupe La Provence est déficitaire », a annoncé, hier, son président au comité d’entreprise. Selon ses déclarations, les comptes du groupe de journaux marseillais (*) sont tirés vers le bas par ses «résultats insuffisants» et par les mauvaises performances de la régie publicitaire Eurosud, que gèrent en commun La Provence et Nice Matin. De ce fait, l’ensemble de ces titres ne vaudrait plus que la moitié du prix d’achat payé, en 2007, par Groupe Hersant media, à Lagardère (160 millions €).
La Provence, qui était encore en 2008 le titre affichant un taux de rentabilité parmi les meilleurs de la presse quotidienne régionale avec entre 7 et 8 millions d’euros d’excédent brut d’exploitation pour un chiffre d’affaires avoisinant les 80 millions d’euros, est sur une mauvaise pente. « Malgré les aides reçues de l’Etat, la situation ne cesse d’empirer », a déclaré solennellement le délégué FO journalistes en préambule à un comité d’entreprise tendu, ce jeudi.
« Une machine à tuer l’amour du métier »
M. Dominique Bernard, qui cumule depuis 2010, les présidences de La Provence et de Nice Matin avec la direction générale de Groupe Hersant media, n’a pas démenti. Au contraire. « En consolidant les résultats du groupe de presse et de sa régie Eurosud, en perte depuis plusieurs années, nous sommes dans le rouge », a-t-il déclaré à un comité d’entreprise qui s’était ouvert sur les lourds propos du délégué journaliste FO. Dans un préambule solennel, celui-ci s’était en effet inquiété « des manœuvres visant à pousser des salariés vers la sortie ». « La Provence est devenue une machine à tuer l’amour du métier », avait-il accusé.
M. Dominique Bernard, rejoint par le secrétaire (FO) du comité d’entreprise, a nié avoir ouvert un « guichet », malgré les démissions annoncées et négociées de la journaliste responsable du service politique et du cadre chargé à Eurosud des comptes institutionnels qui interviennent après plusieurs dizaines de départs. Et s’il conteste aussi que le groupe de presse soit devenu « le Titanic » décrit par le délégué journaliste FO, il a reconnu que La Provence et Nice Matin avaient perdu la moitié de leur valeur depuis leur rachat par Groupe Hersant media. Selon M. Bernard, ils seraient aujourd’hui estimés à seulement 80 millions €.
Constituant cependant les plus belles pièces d’un groupe miné par le surendettement, La Provence et Nice Matin pourraient être vendus séparément du reste de Groupe Hersant media si l’occasion se présentait. Et cela pourrait advenir prochainement si aboutissaient les discussions qui auraient repris avec le groupe Centre France (Clermont-Ferrand) après la suspension des négociations avec Rossel.


