Marseille a célébré la Fête de la musique, comme il se doit, dans la richesse de la diversité. La ville monde se révèle dans tout son éclat lors de ces moments-là.
Les amateurs de classique ont leur adresse : Villeneuve Bargemon, où se produisait une fois encore, l’Orchestre philharmonique de l’opéra de Marseille. Quatre-vingts musiciens qui vous déroulent du Tchaikovski avec la délicatesse d’une comtesse anglaise levant une tasse de porcelaine à l’heure du thé. Beau comme de l’antique. De l’autre côté de l’Hôtel de ville, devenu mur anti-sons, les vieux rockers de la Fabrique charrient les standards d’un rock gras qui vous ferait danser un paraplégique.
Pour l’électro, direction la plage. Belsunce et Noailles vantent les qualités de la tonalité raï, tandis que le bas de la rue Breteuil se la joue afro-antillais, goulu et coloré. Le parc de Bagatelle fait son petit Villeneuve Bargemon avec les trente musiciens de l’ensemble Giocoso. Sous la baguette du chef Pierre Iodice, Carmen, Figaro et Guillaume Tell la filent douce.

Marianne Cat accueillait dans son magasin de mode l'inspiré Jean-Charles Gil et quelques uns des danseurs de son Ballet d'Europe pour une mise en beauté des bijoux de Mathilde Bretillot
Le plus étonnant se trouve souvent au coin de la rue. En l’occurrence c’était, jeudi soir, au 53 de Grignan, où l’épatante Marianne Cat avait poussé les portants de YOHJI YAMAMOTO, HANNOH et autre INES RASPOORT pour permettre aux danseurs de Jean-Charles Gil (Ballet d’Europe) de se la jouer jazz en slim noir et collier Mathilde Bretillot, tandis qu’au fond de la boutique l’impayable Damien Leclère vendait dans le brouhaha des soirs de joie une collection de photos des rois du jazz de la grande époque. Eclectique et sympathique à souhait. Une vraie fête de la musique quoi.

Dans le fond du magasin de mode de Marianne Cat, Damien Leclère vend, imperturbable dans le brouhaha de la fête, une collection de photos de jazz de la grande époque.






