
Jean-Claude Quilici (à gauche) est accueilli par Mickaël Marciano, galériste à Paris (place des Vosges), à La Baule-les-Pins, et désormais à Marseille, cours d'Estienne-d'Orves, dans l'ancienne galerie du Lacydon, qu'il a entièrement refaite.
Ce qui frappe dans l’œuvre de Jean-Claude Quilici ce n’est pas tant ce qui se voit à l’œil nu, ce qu’on aime par-dessus tout chez lui, son goût pour les chaudes lumières de la Méditerranée. Non, c’est ce qu’il cache. Ce dont la pudeur corse lui interdit de parler : sa fidélité. C’est rare un peintre fidèle. A ses thèmes, à ses sujets, à son propre style. Souvent, peintre varie, et l’on parle alors de son époque comme-ci et de son époque comme ça.
Jean-Claude Quilici ne connaît pas les variations de l’âme. Il taille sa route depuis ses débuts d’artiste, dans les années cinquante, à travers les mêmes paysages, avec le même regard, en accomplissant les mêmes gestes au moyen des mêmes outils. Comme s’il était à la recherche de la perspective, de la couleur, de la toile parfaites. Il ne s’en lasse pas. Et le plus étonnant, c’est que nous non plus.
Une rétrospective nous donnerait l’occasion de nous émouvoir devant pareille constance. Mais autre trait du bonhomme: Jean-Claude Quilici ne se retourne pas, n’est pas amoureux de son passé, ne parle guère du chemin accompli ; il avance, regarde loin devant, et continue de nourrir la même passion pour les Alpilles, sa Corse et les îles grecques, triangulation magique du territoire où son imaginaire éponge depuis un cinquantenaire les couleurs fortes de la Méditerranée éternelle. Son eden.
Aussi bien la soixantaine de toiles qu’il présente jusqu’au 21 novembre, à Marseille, sur le cours d’Estienne-d’Orves sont-elles toutes récentes. Du dernier jus. Le meilleur. Pour l’instant. C’est encore à la galerie Mickael Marciano, dirigée désormais par M. Palmieri, qu’on retrouve Jean-Claude Quilici fringant comme un peintre pubère. Il en fit plusieurs saisons durant les beaux jours lorsqu’elle s’appelait encore Lacydon. Les galeristes passent mais le peintre, lui, demeure, décidément fidèle à tous ses lieux.
Peintures de Jean-Claude Quilici, jusqu’au 21 novembre, galerie Mickael Marciano, 7, cours d’Estienne-d’Orves (1er), Tél.: 04 91 04 09 71, http://www.galerie-marciano.com/
http://www.jc-quilici.com/galeries.htm


